
” Une brillantissime autobiographie en bande dessinée. ” Cette critique de Time Magazine sonne très juste, mais à la lecture de cet épais et très dense ouvrage, on a envie d’en dire plus. La construction du récit, les thèmes choisis, le regard introspectif de l’auteur, le sens du détail et de la composition, autant d’éléments qui forment un véritable roman graphique solide. Alison Bechdel utilise toute la richesse de la bande dessinée pour exprimer et raconter. L’histoire est totalement autobiographique, ainsi on découvre l’enfance de l’auteur, avec l’influence omniprésente de son père, plein de références de littérature et de soucis esthétiques. Alison Bechdel installe son récit en faisant des retours réguliers, comme des introspections successives qui forment une espèce de thérapie participative, et qui suit l’évolution chronologique de sa vie. C’est comme si l’auteur nous faisait découvrir des clés de sa vie en même temps qu’elle. Le lecteur devient partie prenante du récit, le style graphique aidant à la clarté de l’histoire et donnant des repères. Pas de grande révolution de ce côté là, le trait n’est pas pour autant commun mais il n’y a pas d’originalité particulière. Le style est fluide et permet une clarté importante, les couleurs noir, blanc et bleu donnent une bonne visibilité avec un grain agréable. Les références parfois un peu lourdes de littérature anglaise et américaine enrichissent mais pèsent aussi sur le tout, la forme narrative est clairement un roman graphique, même si cet ouvrage est une bande dessinée à part entière. Remarquons que le Time Magazine l’a élue meilleur roman de l’année 2006, preuve que la bande dessinée trouve une juste place dans le paysage éditoriale, même si elle n’est pas à l’abri de raccourci maladroit.
Denoël Graphic (2006)
