Archive de la catégorie «2007»

Thomas Médard

3 juillet, 2008

Petite présentation d’un jeune dessinateur français avec trois de ses publications (à ma connaissance), découvertes chez Alphagraph à Rennes (l’un des meilleurs libraires du monde). Occasion de présenter deux des livres des éditions Laglande (les deux seuls connus).

Mémoire d’un assistant

Mémoire d\'un assistant

Ce livre au format moyen raconte l’expérience de Thomas Médard en tant qu’assistant d’un étudiant en troisième année des beaux-arts, beaucoup d’humour mais aussi de réalisme dans cette bande dessinée au format moyen. Objet très réussi, en couleur avec en rendu du dessin plus qu’agréable.

Mémoire d\'un assistant [extrait]

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Guambi

Guambi

Récit d’une rencontre, mêlant réalisme des faits, textes poétiques et pensées personnelles. Une très courte et très réussie autobiographie d’une précision fascinante servie par un dessin sincère et tout simplement beau.

Guambi [extrait]

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Taedium vitae

Taedium vitae

Recueil de croquis, de courtes histoires, de jeux débiles et de réflexions, ce livre est un véritable lieu d’expérimentations graphique et narrative. On sent que l’auteur se cherche, et c’est dans cette recherche qu’il parvient à trouver quelque chose, un ton, un moyen d’expression, un style. Un fanzine comme on aimerait en découvrir plus souvent.

Taedium vitae [extrait]

Note : l’ordre n’est pas forcement chronologique.

Le nouveau journal de Judith et Marinette

28 août, 2007

Le nouveau journal de Judith et Marinette n° 9

Déjà le numéro 9 pour cette revue désormais mensuelle (depuis le numéro 3), et toujours autant de créativité, de réactivité et d’enthousiasme. Cette revue collective éditée par Les taupes de l’espace (basées à Rennes) regroupe une petite vingtaine d’auteurs réguliers, dont Tofépi, Sébastien Lumineau, Jean, Jonathan Larabie, Ronald, Choi Juhyun, Pascal Matthey, Florent Ruppert et Jerome Mulot, Rémi Lucas, Nylso, Garène et Naz. Depuis 7 numéros ces dessinateurs (connus pour la plupart) se renouvellent à chaque fois, on découvre des expérimentations autant graphiques (Sébastien Lumineau, Pascal Matthey) que narratives (Nylso, Tofépi), des histoires se suivent et se croisent aussi (Jean Jean, Naz), le tout en noir et blanc (hormis les couvertures très réussies de Sébastien Lumineau), dans un format moyen (16×22 cm) et à un prix plus que raisonnable (3,50€ en librairie). Ces quarante deux pages mensuelles permettent de découvrir d’autres travaux de ces auteurs, ailleurs que dans leurs livres ou leurs fanzines. Pour faire court cette revue est tout simplement une des plus réussies du moment, tant pour la qualité des histoires qui y sont publiés que pour la simplicité qu’elle évoque.

Pour plus d’informations :
http://www.lenouveaujournaldejudithetmarinette.fr/

Le Muscle Carabine

12 juillet, 2007

Le Muscle Carabine

Ouvrage collectif tout juste édité (et arrivé ce matin même dans ma boîte aux lettres), Le Muscle Carabine regroupe un nombre impressionnant de talentueux dessinateurs dans un grand format, pour ne pas dire gigantesque (30×40 cm!). Il s’agit du premier recueil des UDA (pour United Dead Artists), “dompté sur échasses” par Stéphane Blanquet lui-même, et avec par ordre d’apparition : Charles Burns en couverture (qui à elle seule donne envie de posséder un tel objet), Daisuke Ichiba, J.Rosen, Ted Jouflas, Muzo, Gilles Berquet, Bruno Richard, Aurélie William Levaux, Nemoto, Killoffer, Pierre La Police, David Fair, Mirka Lugosi, Blanquet, Atak, Francesco Defourny, Chris Hipkiss, Lolmède, Hayashi Yoshifumi, Anne Van Der Linden, Xavier Robel, et enfin Stéphane Blanquet en quatrième de couverture. Les illustrations et courtes histoires prennent place sur un papier Rives de 170 gr, et ont comme thématiques d’inspiration le noir, le morbide voir le malsain. Le tout donne un résultat impressionant de virtuosité et de précision graphique!

Complément Musculaire

Ce bel objet est accompagné d’un court récit de Blex Bolex, Complément Musculaire, auteur qui, il faut l’avouer, manquait au casting.

Pour plus d’informations : http://www.lewub.com/udaroom/site.php?type=P&id=22

 

Et pour commander : http://www.blanquet.com/marchandises/

Le poulet du dimanche – Sylvie Fontaine

25 avril, 2007

Voilà un livre surprenant tout autant que superbe. Sylvie Fontaine effectue ici un travail presque plastique, ou tout du moins loin des standards habituels. L’auteur nous offre tant de formats et de styles différents que l’on croirait à une véritable exposition en un unique ouvrage. Dès le départ une symbolique va s’installer pour tout le livre, comme le guide des recherches de l’artiste, la fenêtre qui s’ouvre sur des formes en constantes transformations sur les quatre premières pages résume le travail et les intentions de cet auteur polymorphe. L’ouvrage s’amorce avec une succession de petites scènes du quotidien, des éclairages sur des situations en six temps, avec pour trame de fond les relations amoureuses, familiales, ou avec soi-même. À chaque fois les personnages sont condamnés à se transformer, les physionomies évoluant au gré des six cases, les êtres humains devenant des monstres méconnaissables, les femmes transformées en amas de piques ou les hommes victimes de cubisme intensif. Les thèmes abordés sont l’incompréhension, la fidélité, la patience, l’égoïsme, la communication, le désir etc… Tout ce qui nous définit comme des êtres humains mais qui ne facilite pas nos relations. Sylvie Fontaine opère par là une critique du conformisme, des modèles sociaux en vigueur tels que la famille ou le couple. Sa vision très pessimiste des relations amoureuses et des liens familiaux laisse présager une forte influence autobiographique. L’auteur n’hésite pas à montrer du doigt les erreurs, les troubles, les douleurs ; cette mise en scène explicite s’oppose à des solutions suggérées dans les détails ou les symboles. Car le travail de cet auteur réside beaucoup dans la symbolique, outre les transformations morphologiques des personnages, on peut observer des changements aussi dans l’environnement des scènes. Par exemple à la page 31 on peut voir un tableau se remplir de nuages à mesure que la situation semble dégénérer au premier plan. Suit alors une galerie de portraits, transition vers un retour aux petites scènes, en quatre temps cette fois, mais toujours sans parole ni discours. Cette balade pourtant terriblement bruyante sous l’assaut de la matière en gestation, est aussi celle de l’artiste elle-même, qui, à défaut de trouver un style, construit son univers, complexe et riche – on peut d’ailleurs ici faire un lien entre cette artiste et d’autres auteurs de bande dessinée, comme Stéphane Blanquet, qui ne se contentent pas de ce seul médium pour s’exprimer. Cette ” érosion progressive des frontières ” (rubrique de feu la récente revue de L’Association L’Eprouvette) semble très bon signe pour la bande dessinée, surtout lorsque cela est laissé entre des mains aussi talentueuses. Cet ouvrage est une véritable expérience graphique, extraordinaire, dont on ne revient que marqué.

Tanibis (2007)