Il était largement temps d’évoquer ici le travail de Jonathan Larabie, jeune auteur de bandes dessinées (la plupart du temps autobiographiques), talentueux dessinateur discret au cœur de la scène alternative. Quelques fanzines auto-publiés (souvent très bien faits), de nombreuses apparitions remarquées dans le Nouveau Journal de Judith et Marinette, et quelques publications chez Les Taupes de l’Espace (éditeur de la dite revue). Jonathan Larabie excelle dans ce domaine qu’est la bande dessinée, mais aussi tout simplement dans le dessin : des crayonnés simples et qui se suffisent souvent à eux-mêmes, des encrages propres, des traits sûrs, des personnages expressifs, un style clair…
Voici deux de ses fanzines auto-publiés, le premier, notes pour plus tard, est un recueil d’humeurs dessinées au crayon à papier pendant l’été 2003. Très drôle, avec un “work in progress” très intéressant (voir extrait 2).
Le deuxième fanzine choisi est Victime de la rue, dernière auto-publication en date, histoire personnelle de Jonathan Larabie lui-même avec son skate, je n’en dis pas plus, le récit est délicieux, on ne se lasse pas de relire ce petit bijoux assez court tout de même (trop)… Cette fois les dessins sont encrés, très belle réussite graphique sur un format assez petit.
Jonathan Larabie est un auteur doué, tout simplement, un dessinateur (autodidacte ?) rusé, un scénariste de génie. Je n’exagère rien, il suffit d’ouvrir un de ces livres pour s’en rendre compte.
Pour plus d’informations rien de tel que son site web, avec beaucoup de ses histoires en ligne, ce qui ne doit pas empêcher d’acheter ses fanzines (les frais de port sont offerts, pourquoi s’en priver ?!). Notons que ce site très sobre est aussi une grande réussite. Trois histoires publies sur Grand Papier. Et je le rappelle il faut acheter le Nouveau Journal de Judith et Marinette dans lequel cet auteur (disons-le encore) trop rare publie des histoires cinglantes presque à chaque numéro.
![notes pour plus tard [couverture]](http://decasesetdetraits.files.wordpress.com/2008/08/notes-pour-plus-tard_couv.jpg?w=300&h=225)
![notes pour plus tard [extrait 3]](http://decasesetdetraits.files.wordpress.com/2008/08/notes-pour-plus-tard_02.jpg?w=450&h=336)
![Victime de la rue [couverture]](http://decasesetdetraits.files.wordpress.com/2008/08/victime-de-la-rue_couv1.jpg?w=210&h=300)
![Victime de la rue [extrait]](http://decasesetdetraits.files.wordpress.com/2008/08/victime-de-la-rue_011.jpg?w=450&h=333)

Une histoire aussi belle que triste, un univers graphique riche, des couleurs magnifiques, une chaleur humaine qui se dégage de chacun des personnages, tout est réuni dans cet ouvrage pour réaliser une oeuvre marquante dans le petit monde de la bande dessinée. Avec son dessin si particulier Renaud Dillies sort vraiment du lot, ce mélange de traits fins qui s’accumulent pour donner un résultat très sombre, permet à cet auteur de retranscrire une très large palette de sentiments. Les visages des canards, hiboux et autres renards sont véritablement humains, le récit prend ainsi une dimension réelle très forte. Ce one shot est vraiment une petite perle, outre son dessin très séducteur, l’auteur joue beaucoup avec les cases et la mise en page, et ainsi il prend possession de chaque élément graphique pour servir l’histoire. Magnifique.