Camille est un ouvrage saisissant, un récit graphique à la sensibilité tout autant délicate que violente. L’objet est tout simplement magnifique, les détails et la typographie sont particulièrement soignés, rien de ce que l’on voit n’est laissé au hasard, depuis le papier jusqu’à l’impression en passant par la mise en page. Le tout sert parfaitement le récit, et nous permet de rentrer encore plus dans l’univers feutré mais déroutant de Fafé.
Récit en quatre chapitres – ou parties, Camille parle tout à la fois de la sensibilité, de la douleur, de la complexité et de la beauté que recèle l’être humain en général et, pourrions-nous dire, une femme en particulier. Les relations humaines sont aussi abordées sans détour. Peu de place est laissée à la parole verbalisée pour laisser s’exprimer un langage corporel, dégagé des incompréhensions que peut parfois présenter l’écriture. Ici ce sont les gestes, les attitudes, les mimiques, les regards qui prennent la place des mots et des phrases. Langage graphique assumé, qui ne délaisse pas une narration forte, empreinte d’autobiographie pourrions-nous penser, avec des thèmes complexes, difficiles à aborder, difficiles à appréhender.
L’auteur des 16h45 nous offre ici un livre emprunt de réalisme et de contradictions, non sans nous forcer à nous engager dans un récit déstabilisant qui mérite notre propre introspection, émotionnelle en première place. Camille, ou une histoire dont on ne peut tout saisir, et qui pourtant nous parle de manière très directe en nous malmenant.
Plus d’informations ici :
Le blog de Fafé
La première partie du livre sur Grand Papier
Quelques 16h45 sur Grand Papier
Le site de l’éditeur Groinge